Externalisation du SI – Mythe ou réalité ? épisode 1/7

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Externalisation du SI – Mythe ou réalité ? épisode 1/7

Un peu d’histoire et le « cœur de métier » (série 1/7)

« Vous ne possédez pas de centrale électrique pour répondre à vos besoins en matière d’électricité. Pourquoi posséder des équipements informatiques pour répondre à vos besoins en matière informatique ? » (Citation de Martin Marietta d’Information System Group en 1991 dans la revue ComputerWorld)

En juin 1998, le Cigref publiait un rapport contenant une liste des 10 messages forts adressés aux directions des systèmes d’information. L’un d’entre eux concernait directement l’externalisation de l’informatique appelée « infogérance » ou « facilities management ». Il est repris in extenso ci-dessous :

« L’externalisation de fonctions de l’entreprise constitue une alternative qui doit être discutée à période régulière, y compris pour l’informatique. Dans ce dernier cas, dit « infogérance », ces discussions doivent se faire avec les directeurs des systèmes d’information. Dans la mesure où une étude suffisante, en particulier quant au choix du domaine à externaliser, a été menée, la décision d’externaliser est à acte normal de gestion d’entreprise. Les nombreux exemples étudiés par le groupe de travail et les annonces faites régulièrement par les entreprises françaises montrent que ces derniers adoptent progressivement une attitude vis-à-vis de l’infogérance plus proche de leurs consœurs anglo-saxonnes que dans le passé ». (Citation du Cigref par Barthélemy J. sous le titre « Infogérance, dix messages forts pour les directions générales », 1998)

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Pourtant quelques années plus tôt, le 27 janvier 1995, 01Informatique titrait : « Le Facilities Management : une sous-traitance qui dérange ». Une enquête par la Sofres et la Sligos sur un échantillon de 120 entreprises industrielles françaises corroborait ce titre-choc. Ainsi, sur cette courte période de 1995 à 1998, soit 4 ans, la notion d’externalisation de l’informatique qui « dérangeait » est passée au stade « d’acte normal de gestion d’entreprise« . Ainsi, nous constatons un parallèle étonnant avec le sentiment que peuvent ressentir, à tort ou à raison, certains dirigeants au sujet du Cloud Computing. Pourtant, le but de l’externalisation au sens large, n’est-il pas justement de permettre aux entreprises de concentrer leurs ressources financières et managériales sur les activités créatrices de valeur : le cœur de métier ? La grande difficulté pour tout dirigeant est de définir précisément « son cœur de métier » car il n’est pas rare que ce dernier repose parfois sur une succession d’activité dont le cœur ne peut se définir de manière complètement isolée. De plus, il n’y a pas forcément de lien direct entre le type d’activité et le cœur de métier. Comme exemple, la société Cisco* dont l’activité principale est la vente d’équipements réseaux orientés « sécurité » considère son cœur de métier « sa capacité à repérer et à racheter les start-ups les plus prometteuses ». (Barthélemy J., « Stratégies d’externalisation », 3ème édition, Dunod, 2007. P97)

Tapez « Cisco » dans Google Actualités, vous serez surpris par cette succession de rachats de jeunes entreprises, et ce, à plusieurs millions de dollars chacun. Le dernier en date, l’acquisition de CliQr, une start-up qui développe une plateforme pour déployer des applications dans des environnements Cloud, pour 260 M$. Ainsi, envisager d’externaliser une partie de son informatique, c’est d’abord tenter de répondre à la question « Quel est le cœur de métier de mon entreprise ? Indéniablement, Cisco connait le sien…

Tribune proposée par COVATEAM - Fabrice SAINT-ALBIN (Consultant chez Covateam)

Pour approfondir le sujet :

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-cisco-progresse-dans-le-cloud-en-s-offrant-cliqr-pour-260-m$-64081.html

Le SI produit de la valeur pour l’entreprise (Série 3/3)

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Le SI produit de la valeur pour l’entreprise
Série 3/3

Dans la continuité des deux articles précédents, à savoir « La définition du système d’information (SI) » et « L’intérêt de la mesure de cet actif immatériel », nous pouvons affirmer sans nous tromper qu’il est un élément de différenciation concurrentiel.

Dans les opérations de fusion-acquisitions, par exemple, un audit du système d’information est systématiquement effectué au même titre que tous les autres éléments de l’actif de l’entreprise objet de la vente. Un SI bien géré et maîtrisé accroit la valeur de l’entreprise lors du rachat. A l’inverse, un SI mal maîtrisé, souffrant de problèmes de fonctionnement ou présentant des risques (obsolescence des technologies utilisées, difficultés d’évolution, dépendance vis à vis d’un petit nombre de personnes internes ou externes…) diminue la valeur de l’entreprise et peut même conduire à remettre en cause la décision d’achat.

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La contribution du SI à la création de valeur dépend bien évidemment du contexte de l’entreprise. Elle sera différente si l’entreprise est en croissance ou bien dans une phase de rationalisation de ses activités. Cependant, il ne faudrait pas non plus surévaluer un SI en fonction des dépenses qui lui seraient allouées. La société Deloitte, un des leaders mondiaux de l’audit, rappelle dans une de ses brochures publicitaires à propos de la gouvernance du SI (stratégie et pilotage) « Le Harvard Business Review estime que la valeur du SI est largement surestimée et que les sociétés qui dépenses le plus dans l’informatique obtiennent rarement les meilleurs résultats« .

Il y a donc un point d’équilibre à rechercher, et ce, continuellement afin de pas dépasser les budgets alloués ou au contraire d’être trop en deçà des besoins nécessaires à la bonne marche de l’entreprise. Des outils, tel que le « Modèle d’analyse et de benchmarking des coûts informatiques » du Cigref peut être une des voies à emprunter pour contrôler efficacement ses coûts informatiques, et par ricochet mieux « chiffrer » la valeur globale de son SI.

Fabrice SAINT-ALBIN de Covateam

 

Pour approfondir le sujet :

http://www.directeurinformatique.com/2012/08/le-si-un-des-actifs-majeurs-de-lentreprise/

http://www.cigref.fr/le-modele-danalyse-et-de-benchmarking-des-couts-informatiques-du-cigref

Le système d’information - C’est quoi ?

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Le système d’information - C’est quoi ? (série 1 sur 3)

Prenez un ensemble organisé de ressources comme du matériel (machines, supports…), des logiciels (programmes…), du personnel (spécialistes ou utilisateurs), des données (connaissances, modèles…), des procédures… permettant de créer, collecter, traiter, stocker, transformer, communiquer des informations sous tout type de format (textes, images, sons, vidéos…) dans et entre des organisations : vous obtenez le système d’information (SI).

C’est un système d’acteurs sociaux qui mémorise et transforme des représentations via des technologies de l’information et des modes opératoires.

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Cependant, la dimension technologique de cette définition laisse à penser qu’il est uniquement basé sur de l’information numérique.

Pourtant, il existe encore dans les entreprises, dont la transformation digitale n’est encore qu’au stade embryonnaire, voire inexistante, des informations au format papier comme les fiches comptables, la rédaction et la diffusion de circulaire administrative, la réunion de collaborateurs pour échanger des informations qui sont des exemples de processus organisés de collecte, de traitement, de communication des données sans pour autant recourir aux technologies électroniques de l’information.

Il n’y a donc pas lieu d’assimiler automatiquement SI à « Système Informatique » et d’y inclure un ordinateur dans les ressources utilisées pour sa construction.

Au cœur du fonctionnement des entreprises, la source principale d’information est constituée de données décrivant des objets ou des évènements dignes d’intérêts pour y être saisies, collectées, traitées, analysées, stockées et communiquées. Ainsi, les données constituent la matière première de l’information dont il faudra préserver et valoriser. On parle d’ailleurs du SI comme un actif immatériel dont j’aborderai un sujet prochainement.

Tribune proposée par Covateam

Pour approfondir le sujet :
Reix R., Kalika M., Rowe F., « Systèmes d’information et management des organisations » - Sept 2011

La COP21, un accélérateur universel pour la Transformation Numérique ?

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La COP21, un accélérateur universel pour la Transformation Numérique ?

Certes la « transformation numérique » ne figure pas explicitement dans le fameux texte du 12 décembre, mais trois facteurs vont concourir à sa diffusion via les objectifs généraux de l’accord.

En premier lieu bien sûr, la transformation numérique apporte des améliorations directes au bilan environnemental de chaque entreprise qui la met en oeuvre: moins de déplacements via les téléconférences et outils de partage ; connaissance fine des impacts carbone via la numérisation des processus ; moins de consommables via la dématérialisation ; diminution du gaspillage et économie de logistique via les prévisions de consommation big data ; optimisations via les objets connectés, l’impression 3D, ..

Le deuxième facteur, qui couvre des points clés de l’accord COP21, tient à la grande ambition de partage avec les pays en développement, et particulièrement l’Afrique. Cela comprend le développement de plates-formes de partage sur les meilleures méthodes environnementales, ainsi que l’accélération du déploiement dans ces pays des dernières innovations d’usage. Qu’on pense seulement à l’impact que pourraient avoir la télémédecine ou les MOOCs dans les pays en développement, pourvu que les infrastructures Internet soient disponibles.

Le dernier facteur, peut-être le plus structurant pour le futur, est le développement de l’économie dite circulaire ou de plates-formes, que permet le partage de biens matériels. Il est illustré par des réussites comme BlaBlaCar (déplacements), Drivy et Ouicar (voitures), Airbnb (appartements), KissKissBank (financements), et bien d’autres existantes ou à venir. Frédéric Mazzella, fondateur de BlaBlaCar, pouvait ainsi annoncer le 9 décembre, à l’Espace COP21 au Grand Palais, que sa société avait fait économiser plus d’un million de tonnes de CO2 depuis sa création.

Pour sa part, Tharanis s’engage dans ses missions de Transformation Numérique à examiner avec ses clients tous ces facteurs d’amélioration environnementale.